Depuis
la fin des années 90, on assiste à une explosion
de l'Asie dans le monde Occidental. Quel que soit le domaine
(ou presque), si l'on veut être dans la tendance, il faut
aimer l'Asie et que cela se voit .kimonos, cols mao, manteaux
ornés de dragon, bagues et boucles d'oreille Yin et Yang,
porte-clefs Bouddha, idéogrammes chinois .l'Asie rayonne
et fascine dans tous les domaines.
Mais le véritable domaine dans lequel l'Asie prédomine,
c'est le cinéma . "Yi Yi", "Tigre et Dragon"
et "In the Mood for Love" triomphaient sur les écrans
et au dernier festival de Cannes, tandis que la plupart des
stars et starlettes américaines luttaient pour décrocher
une place médiocre au box office.
"Phénomène
passager" se récrient aussitôt les pessimistes
sceptiques . Passager ? Possible. Cet engouement a en effet
déjà été d'actualité, particulièrement
dans les années 65-75, grâce au talent, à
la rapidité et à la motivation du "Petit
Dragon", j'ai nommé l'immense Bruce
Lee, qui en si peu de temps révolutionna
à la fois la vision des occidentaux sur les Asiatiques,
la manière de faire des films sur le Kung-Fu et bien
sur, le Kung-Fu lui-même.
On peut tout de même
se demander ce qui a ressuscité de manière si
intense cette frénésie de l'Asie ? Cette fois,
aucune personnalité étonnante de vitalité
et de justesse n'a fait entendre sa voix. L'arrivée de
l'Asie fut subtile, et ce fut avec une main de velours qu'elle
s'imposa comme une culture entière, pleine de diversité,
de couleur, de dit et de non-dit, de sonorité, de créativité
et d'exagération.
Cette tendance a débuté par une acceptation de
ces techniques cinématographiques : le 23 juin 1999 (date
de sortie française), "Matrix" ouvre originale
des frères Wachowski, montre au grand public, l'utilisation
de câbles, sous l'oil attentif du chorégraphe Yuen
Woo Ping. Mais c'est en octobre 2000, que Ang Lee réussi
le coup de maître avec " Tigre et Dragon ",
de faire accepter un film asiatique, à un public encore
inculte face à cet art.
Mais est-ce réellement le cinéma asiatique que
l'on découvre à travers ce film, ou bien un habile
compromis entre l'orient et l'occident ?
Le
film fut tourné en mandarin, l'action se déroule
en Chine, avec costumes traditionnels d'époque et décors
naturels, mais malgré cela, les plans sont lents, les
scènes sont sages, ont est encore bien loin des caméras
baladeuses de Hong Kong.
Ang Lee offre un film
romantique pour sa conquête de la planète. Comme
le dit si bien Thomas Sotinel dans "le Monde" du 04
octobre 2000 : "De ce film d'une constante beauté,
s'exhale une tristesse sans amertume et le bonheur d'une histoire
bien dite."
Depuis le début
du nouveau millénaire, l'apparition des films HK en DVD
a également largement contribué à l'intéressement
du public, envers les techniques et chorégraphies diverses
du cinéma chinois. L'envers du décor prend un
visage plus humain, et surtout plus accessible.
L'apparition de la culture
asiatique en Occident est beaucoup plus large et plus diversifié,
je pourrai parler de média, de mode, de cuisine, de décoration,
de
musique . si diversifié même, que cela porte à
croire, que le stade de "phénomène de mode"
est dépassé, et que, même si cette attirance
frénétique doit s'atténuer, cette merveilleuse
culture perdurera.
L'Asie est parmi nous
.et c'est tant mieux !
Roseline Gay