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TSUI
Hark
(XU Ke)- producteur -realisateur (ne en 1951 au Vietnam)
Dire de Tsui Hark quil est la figure la plus importante
du cinéma de Hong-Kong des vingt dernières années est loin detre
une exagération, même si son nom est beaucoup moins connu en occident
que celui de John Woo. En effet, il a prolifiquement produit et
réalise (il est même parfois accessoirement acteur comme dans
In the Line of Duty-Yes, Madam (1985)) les films
hong-kongais les plus novateurs et les plus lucratifs de ces deux
dernières décennies. On lui doit également la consécration des
plus grands talents hong-kongais actuels tels Jet
Li, Brigitte Lin, Leslie Cheung ou
John Woo. Apres une
jeunesse passée au Vietnam, Tsui Hark part a Hong-Kong pour ses
études secondaires, puis au Texas pour ses études supérieures.
Il revient en 1977 a Hong-Kong, et travaille pour la télévision
locale en tant a la fois que producteur et realisateur. En 1979,
il réalise son premier long métrage pour le cinéma, Butterfly
Murders. Suivent
en 1980 Were going to eat You et Dangerous
Encounter-1st Kind ou Dont play
with fire (LEnfer des Armes-Scherzo). Ces
trois premiers films, violents et controverses, lui valent bientôt
le surnom de "Tueur". Mais cest Zu, Warriors
from the magic Mountain (Zu, les Guerriers de la Montagne
magique-HK) (1983) qui constitue le premier film majeur de
sa filmographie. Ce film marque une étape aussi bien dans la carrière
de Tsui Hark que dans lhistoire du cinema de Hong-Kong.
Mêlant fantastique et arts martiaux, Zu, Warriors from the
magic Mountain jette les bases du film darts martiaux
et du fantastique hong-kongais des années a venir. Avec ses démons
et ses effets spéciaux innovants (pour le cinéma hong-kongais),
ce film sera une source dinspiration pour des films tels
la serie A Chinese Ghost Story (Histoires de
Fantômes Chinois) (1987-1991) ou les deux The Bride
with white Hair. Avec ses personnages volants experts
en arts martiaux, il sera également a lorigine dun
style qui fera la gloire de la série des Once upon a Time
in China (1991-1997) et Crouching Tiger, Hidden
Dragon (Tigre et Dragon) (2000). Débordant didées,
Tsui Hark fonde en 1984 sa propre société de production, Film
Workshop. Cela lui permet une plus grande liberté artistique mais
surtout de produire des films quil na pas le temps
de réaliser lui-même. Il imprime donc sa griffe aux films quil
ne fait que produire, a la manière du Steven Spielberg des années
80.
Il crée également
sa propre compagnie deffets spéciaux, tel George Lucas avec
ILM. Son talent de producteur se manifeste surtout dans la découverte
de nouveaux talents. Cest ainsi quil révèle Kirk Wong
(Crime Story) et surtout John Woo. Qui aurait pu
imaginer quun réalisateur qui ne tournait plus que des comédies
grotesques allait sous la houlette de Tsui Hark révolutionner
le cinéma daction non seulement de Hong-Kong, mais aussi
et surtout celui de Hollywood? Cette révolution commence en 1986
avec A better Tomorrow (Le Syndicat du Crime-HK).
Parallèlement, Tsui Hark
continue son activité de metteur en scène, avec Peking Opera
Blues, qui mélange allégrement action, comédie, drame
et romance. Car Tsui Hark est un touche a tout de génie, spécialise
certes dans laction, mais qui affectionne les histoires
damour et surtout la comédie. On lui doit ainsi les scènes
de vaudeville de Twin Dragons (1992) ou des pures
comédies typiquement cantonaises comme Working Class
(1985). Même dans la série des Once upon a Time in China,
malgré le ton sérieux de la série, il ne peut sempêcher
dinsérer des scènes de comédie bouffonnes, qui rendent le
personnage de Wong Fei-hung plus humain, alors que la plupart
des films au sujet de ce dernier ne voient en lui que lartiste
martial. Mais le système Tsui Hark a ses limites.
Producteur despotique et caractériel, il aime imposer aux réalisateurs
ses propres points de vue, jusquà parfois même les renvoyer
et finir le film a leur place. Ainsi, Tsui Hark se brouille avec
John Woo a propos de Bullet in the Head (Une
Balle dans la Tete-Delta) (1990). Le premier voit une histoire
damour romantique, le second une histoire damitié
virile trahie.
Du coup, John Woo quitte
Film Workshop pour fonder sa propre compagnie de production, Milestone,
alors que Tsui Hark tourne sa propre version, A better Tomorrow
III: Love and Death in Saigon (1989). Il sagit dailleurs
là du premier film étranger a être tourné à Saigon même, ville
denfance du réalisateur. En 1991, Tsui Hark revisite le
film de kung-fu et le personnage de Wong Fei-hung, pour en donner
les versions définitives (jusqua présent en tout cas) avec
Once upon a Time in China. Premier film hong-kongais
tourné en Chine continentale, Once upon a Time in China,
par ses scènes de combat aérien, le talent (en tant quartiste
martial et acteur) et le charisme de Jet
Li, les thèmes quil aborde (nationalisme chinois, rencontre
avec lOccident, etc..) et ses décors grandioses, relance
la vogue du cinéma de kung-fu en costumes ainsi que la carrière
de Jet Li. Mais les
deux hommes vont finalement finir par se quereller au cours du
troisième opus de la série. Jet
Li quitte alors le rôle (remplace par Chiu Man-cheuk), pour
finalement revenir pour le sixième et dernier épisode.
En 1995, Tsui Hark revisite
une autre mythologie du cinéma hong-kongais, celle du sabreur
manchot créé par Chang Cheh
avec One-armed Swordsman (1967), en réalisant The
Blade, avec Chiu Man-cheuk. Revant comme tout le monde
dAmerique et espérant marcher sur les traces de John Woo,
il commet pour Hollywood Double Team (1997) et Knock
Off (1998), tous deux avec Jean-Claude Vandamme qui ne
parviennent a convaincre personne. Decu par cette expérience,
Tsui Hark retourne a Hong-Kong et réalise Time and Tide
(2001), film daction contemporain avec en vedette la star
de la chanson cantonaise Nicholas Tse. Dans un avenir proche,
devraient sortir deux séquelles par Tsui Hark. Il sagit
tout dabord de Legend of Zu (déjà terminé),
qui réinterprète la mythologie de Zu, Warriors from the
magic Mountain et ou il sera question entre autres damour
éternel. Puis, on devrait voir Black Mask 2, tourne
en anglais en Thaïlande, dont lhistoire comporte des éléments
de science-fiction.
Article de Danguyen
La filmographie
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