|
Petit
à petit, Jet
Li commence à se faire un nom aux USA.
Tous ses meilleurs films hongkongais sont sortis en vidéo,
ses derniers films ont réalise d'honorables performances
au box-office, et l'interessé commence même a faire,
dans un anglais correct (surtout compare a Jackie
Chan !), ses premières apparitions sur les
plateaux de télévision. Et s'il est déjà
une grande star depuis de nombreuses années auprès
de la communauté americano-asiatique, sa popularité
va chaque jour grandissante auprès de la minorité
noire américaine (les concepts de Rush
Hour (1998) et de Roméo must die
(2000) n'étaient en rien les fruits du hasard). Mais cette
motorise naissante n'est encore rien comparée a celle dont
jouit Jackie
Chan (sans parler de celle de l'intouchable
Bruce Lee),
dont les deux Rush Hour
ont été de véritables blockbusters, et que
même les plus jeunes connaissent, grâce a la diffusion
chaque samedi matin a la télévision du dessin anime
Jackie
Chan Adventures. Pour pouvoir un jour rejoindre
ces deux icônes du cinéma hongkongais au sein de
la pop-culture américaine, il ne manque plus aujourd'hui
a Jet Li
qu'a avoir lui aussi "son" blockbuster. The
One peut-il répondre à ses attentes?

Après avoir vu
The One, un constat s'impose : difficile
de trouver dans cette prétendue production de science-fiction
quelque motif de satisfaction que ce soit. Mis en scène
et écrit par James Wong, scénariste issu de la télévision
(il a notamment écrit pour la série X-Files)
et réalisateur peu expérimenté (il n'a réalisé
qu'un film pour le cinéma, Final Destination
(2000)), The One offre un scénario et une mise en scène
qui donnent une impression de mille fois vus. Si l'abracadabrante
histoire lorgne du cote de Timecop (une référence!),
avec ses flics qui voyagent dans l'espace inter-dimensionel (au
lieu de voyager dans le temps pour Timecop), la mise en scène
tente elle de capitaliser sur le succès de Matrix,
plagiant copieusement (mais sans réelle réussite)
les trouvailles des frères Wachowski.
Certes, on pourrait faire abstraction d'un scénario faiblard
et stéréotype si les combats proposés par
The One tiraient le meilleur parti
de Jet Li,
attente légitime quand on sait que ceux-ci ont été
réglés par Corey Yuen, son fidèle complice.
Mais il n'en est rien. Car si l'on avait l'habitude de voir Jet
Li voler, ce dernier est doté dans The
One d'une force surhumaine, mise en valeur par des
effets spéciaux. La présence d'effets spéciaux
lors des combats est si malvenue et si inappropriée que
ceux-ci en perdent toute authenticité et tout esthétisme,
boursoufles qu'ils sont d'effets inutiles.
Enfin, dernier grief : la contre-performance (dramatique) de Jet
Li. Celui-ci joue en effet, comme c'est original,
deux personnages antagonistes, l'un bon, l'autre mauvais. Comme
on pouvait s'y attendre, c'est dans le rôle du méchant
que Jet Li
se montre le moins convaincant, démontrant ainsi ses limites
d'acteur. Il s'en serait sans doute beaucoup mieux sorti s'il
avait choisi, comme dans L'Arme fatale 4 (1998),
d'interpréter un méchant quasi muet, parlant au
besoin le mandarin.

Voici donc pour Jet
Li un film bien embarrassant pour sa carrière
américaine, même si ce film a amassé près
de 20 millions $ (pas mal pour un début novembre aux USA)
lors du week-end de sa sortie. Que Jet
Li prenne garde : car s'il continue ainsi, il risque
bien de connaître une carrière semblable à
celle de Jean-Claude Vandamme. Et avoir successivement fait l'impasse
sur Crouching
Tiger, hidden Dragon (2000) et sur Matrix
2 et 3 pourraient bien se révéler
être les plus grosses erreurs de sa carrière.
Danguyen
Les
Images du film >>>
|