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Shanghai Knights,
de David Dobkin, avec Jackie
Chan, Owen Wilson, et Donnie Yen (2002)
Le
succès moyen (57 millions de dollars de recette aux Etats-Unis)
et la qualité mediocre de Shanghai Noon
(2000) n'appelaient pas particulièrement une suite. Mais
le public américain étant desormais coutumier, donc
potentiellement moins impressionnable et moins interessé,
de la gestuelle de Jackie Chan et la mécanique de ce dernier
commençant depuis quelques années à montrer
de sérieux signes de fatigue, la tactique de la sequelle
était a priori la stratégie commerciale la plus
sûre, d'autant plus qu'entre-temps, Owen Wilson avait vu
son statut d'étoile montante se confirmer, avec des comédies
telles que The royal Tenenbaums (2001).
Ce dernier s'était même permis de faire une incursion
dans le film d'action avec le belliqueux Behind the
Enemy Lines (2001) !
Nanti d'un confortable
budget dépassant les 50 millions de dollars, tourné
a Prague afin de figurer le Londres de 1887 (Prague est décidement
en train de devenir une ville de cinema), écrit par Alfred
Gough et Miles Millar (les scenaristes duettistes de la serie
televise Smallville (2001-present)),
Shanghai Knights semblaient reunir
tous les ingrédients nécessaires a la confection
d'un deuxième épisode supérieur au premier.

Hélas, et ça
commence à devenir une (mauvaise) habitude, le dernier
Jackie Chan est encore une déception. Réduite au
plus strict minimum, l'histoire se contente en fait de relier
entre elles les (quelques) scènes d'action et les (lourdes)
situations de comédie. En plus de cela, Shanghai
Knights regorge d'invraisemblances et d'incohérences,
comme cette soeur de Chon Wang (Jackie Chan) qui a passé
toute sa vie dans le Cité Interdite et qui parle l'anglais
de façon tout a fait naturelle ; ou comme lors du duel
final opposant Jackie Chan au mechant Lord (Aidan Gillen, remarquable
de noblesse et d'arrogance, une des rares satisfactions du film),
ou ce dernier ne cesse d'épargner son ennemi, et ce sans
véritable raison apparente. Et que dire de cette romance
pas crédible pour un sou entre la soeur de Chon Wang et
Roy O'Bannon (Owen Wilson), et qui ne semble exister ici que pour
la forme ?

Quant à l'"humour"
de Shanghai Knights, son niveau est
au moins aussi bas que celui de Shanghai Noon.
Une fois de plus, on joue ici sur le choc des cultures, plus précisement
sur les préjugés entre Anglais et Americains (oui,
le caractère chinois du personnage de Jackie Chan est en
revanche peu exploité). L'autre principal ressort "comique"
du film réside dans l'obsession sexuelle dont fait sans
cesse preuve Owen Wilson et qui contraste avec l'asexualite de
Jackie Chan. Pour couronner le tout, le film ne tarit jamais en
références bien lourdingues et pas forcément
adéquates a la culture (ou pop-culture) anglo-saxonne,
à l'exemple de ce véritable navet qu'est Forrest
Gump (1994).

Restent les combats, surtout
pour les fans de Jackie Chan. Mais là encore, celui-ci,
décidement vieux et fatigué, deçoit : toutes
ses bagarres sont présentées sur le mode du burlesque.
Mais au lieu de provoquer le rire, Jackie Chan n'inspire finalement
que le grotesque. Ce dernier effectue tout de même quelques
véritables combats, vers la toute fin du film, dont l'un
d'entre eux l'oppose a Donnie Yen, qui doit sa présence
au générique plus a ses acceptables capacités
martiales qu'à ses talents d'acteur, car comment peut-on
un seul instant imaginer qu'il puisse être un prétendant
au trône impérial ?

En fait, et c'est l'autre
bonne surprise du film, les meilleures scènes d'action
sont celles où est impliquée Fann Wang, une actrice
singapourienne surtout connue jusque-la pour avoir joué
dans des séries télévisés chinoises
qui interprète ici la soeur de Jackie Chan. Certes, celle-ci
est loin d'avoir le plus ravisssant minois qu'ait offert le cinema
chinois. Mais le moindre de ses coups de pied déménage
veritablement et sa performance d'ensemble ridiculise n'importe
quelle pseudo-experte en kung-fu du cinéma americain, genre
Jennifer Garner (Daredevil (2002)) ou
Cameron Diaz (Charlie's Angels (2000)).
Là encore, il s'agit en fait d'un nouveau signe de la décadence
d'un Jackie Chan qui, après avoir admis se faire doubler
pour ses cascades, se met également à déléguer
pour les combats. Il est dorénavant plus que probable qu'il
n'ait plus rien à offrir à son public.
Danguyen
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