Rush Hour 2 (2001),
de Brett Ratner, avec Jackie Chan, Chris Tucker, John Lone
et Zhang Ziyi
Après
plusieurs tentatives infructueuses lors de ces vingt dernières
années, Jackie Chan était enfin parvenu
grâce à Rush Hour à conquérir le marché américain,
le film engrangeant
141 millions $ rien qu'aux Etats-Unis.
Mais
en dépit de ce succès incontestable, Jackie Chan lui-même et
ses fans demeuraient déçus par le produit final, dont l'action
était plutôt molle et les gags un peu lourds. Par sa mollesse
justement, Rush Hour posait cette angoissante
question aux fans de Jackie Chan : ce dernier commençait-il
à se faire vieux (il a aujourd'hui 47 ans) ?
Certes, Rush Hour était une production hollywoodienne,
mais les récentes productions hong-kongaises de la star n'étaient
guère rassurantes, que ce soit Gorgeous, assez
niais dans son genre, ou Who am I ?, qui,
malgré son budget monstrueux à l'échelle de Hong-Kong, était
de la même veine que le déjà raté First Strike.
De plus, sachant que Chris Tucker avait touché davantage que
Jackie Chan pour cette suite (20 millions $ pour Tucker, soit
l'équivalent de ce que touche un Tom Cruise ou un Mel Gibson,
contre 15 millions $ pour Chan), contrairement à ce qui s'était
passé pour l'original (3 millions $ pour Tucker, 5 millions
$ pour Chan), on pouvait se demander si cette fois-ci, Jackie
Chan n'allait dans ce Rush Hour 2 en être réduit
au simple rôle de faire-valoir ?
Mais
que les fans de Jackie Chan se rassurent : Rush Hour
2 apporte un démenti formel à ces légitimes
interrogations, démontrant au passage que le bonhomme
en a encore sous le pied. Car si celui-ci ne montrait que quelques
bribes de son talent dans le premier épisode, Rush Hour
2 est d'abord et avant tout un film de Jackie Chan.
Bien sûr, Chris Tucker se devait de justifier son salaire. Aussi
la première demi-heure est-elle consacrée aux gags (pas plus
fins que dans l'original), qui reposent essentiellement sur
le principe du poisson hors de son bocal (Chris Tucker voyage
ici à Hong-Kong, alors que dans le premier, Jackie Chan venait
à Los Angeles).
Le réalisateur Brett Ratner en profite d'ailleurs lors de cette
première partie pour nous faire partager ses fantasmes déplacés
et typiques de l'Occidental vis à vis de l'Orient.
Cela
dit, l'action n'est pas absente du début du film, puisque le
spectateur entre dans le vif du sujet dès les premiers instants.
Mais une fois cette demi-heure passée, Rush Hour 2
devient enfin un show Jackie Chan, avec un Chris Tucker apportant
de temps à autre sa touche « comique ».
Pour la première fois dans une production américaine, Jackie
Chan fait ce qu'il sait faire : du Jackie Chan ! C'est-à-dire
que l'on retrouve ces chorégraphies, ces acrobaties, ces trouvailles
de folie, cet humour dans l'action qui constituent les ingrédients
indissociables des meilleurs Jackie Chan.
En plus, contrairement à l'original, Rush Hour 2
bénéficie d'un bon scénario, classique mais suffisamment développé
et complexe pour être intéressant à suivre. Du côté des seconds
rôles, on appréciera le retour de John Lone (Le dernier
Empereur) que l'on avait pas vu sur les écrans depuis
une éternité. Mais « la » grande attraction de ce
Rush Hour 2, et il fallait s'y attendre, n'est
ni Jackie Chan, ni Chris Tucker, mais bel et bien Zhang Ziyi.
Son jeu, son kung-fu et .sa beauté ont tôt fait de reléguer
le pauvre Chris Tucker au troisième plan ! Interprétant
l' « homme » de main de John Lone, Zhang Ziyi
occupe une place conséquente dans le film, apparaissant dès
les premières secondes et ne disparaissant (de manière évidemment
quelque peu décevante) qu'à la toute fin.
Il
est par ailleurs amusant de noter que la présence dans le même
film de Zhang Ziyi et de Jackie Chan permet d'assister pour
la première fois à la coexistence du mandarin (Zhang) et du
cantonais (Chan). Seul un film américain pouvait permettre un
tel « miracle » ! Imposante malgré son 1,64 m,
Zhang Ziyi, étrangement, ne paraît jamais être aussi belle que
lorsqu'elle se montre violente et impitoyable. A plusieurs points
de vue donc, Rush Hour 2 est un film satisfaisant,
un très bon Jackie Chan, le meilleur sans aucun doute depuis
Rumble in the Bronx.
Article
de Danguyen




