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BULLETPROOF
MONK (2003), de Paul Hunter, avec Chow
Yun-fat et Seann William Scott
Arrive aux Etats-Unis
en meme temps que Jet
Li, Chow Yun-fat
n'a pas lui non plus en cinq ans reussi a y faire la transition
de l'etat d'acteur-culte a celui d'acteur populaire (deux notions
trop souvent confondues, alors qu'elles ont un sens oppose), multipliant
les productions sans interet dans lesquelles il n'etait que l'ombre
de lui-meme. Il est aussi cependant vrai que le public
americain, voire occidental, n'est toujours pas culturellement
dispose a accepter un heros asiatique, a moins qu'il ne s'agisse
encore et toujours d'un maitre en arts martiaux.
Justement, la seule reussite de Chow
Yun-fat a Hollywood demeure Crouching
Tiger, Hidden Dragon (2000), ou ce dernier interprete
un expert a l'epee. Mais partageant l'affiche a parts egales avec
Michelle Yeoh
et Zhang Ziyi,
Crouching
Tiger, Hidden Dragon aura finalement peu fait
pour la carriere americaine de Chow Yun-fat, si ce n'est lui donner
ce qui constitue sans doute une derniere chance qui se presente
donc sous la forme de Bulletproof Monk.

A l'image de The
Replacement Killers (1998) ou de The
Corruptor (1999), Bulletproof
Monk est encore une de ces escroqueries qui pastichent
le cinema d'action hong-kongais, sauf qu'ici, ce n'est non pas
le polar oriental, mais le film d'arts martiaux qu'on assassine.
Comme tous les realisateurs americains ignorants de ce cinema
(et certains realisateurs chinois, genre le Zhang Yimou de Hero
(2002)), Paul Hunter laisse la technique cinematographique prendre
le dessus sur la technique martiale, alors que la seconde, comme
l'ont tres bien compris Tsui
Hark (Once
upon a Time in China (1991)) ou Ang Lee (Crouching
Tiger, Hidden Dragon), ne fait qu'enjoliver
la premiere : en un mot, personne sur ce film n'etant un bon pratiquant,
ce sont les effets speciaux que l'on voit a l'ouvre, ce qui laissera
les fans du genre plutot dubitatifs.

Il semble en fait qu'a
aucun niveau Bulletproof Monk ne se
montre inventif ou surprenant, avec son histoire qui melange Les
Aventuriers de l'Arche Perdue (1981),
Karate Kid (1984), et Little
Buddha (1994). Pis encore, le film ne s'embarasse
pas trop de logique (on ne comprend ainsi donc pas tres bien ce
qui dans Seann William Scott peut bien attirer Chow
Yun-fat), et nous ressort les cliches cinematographiques les
plus consternants, avec sa petite fille riche qui en pince pour
les mauvais garcons et qui a decide de s'imposer toute seule comme
une grande dans la jungle urbaine (ben voyons !) ou sa mechante
de service comme de bien entendu sexy a souhait. Et bien evidemment,
tout ce beau monde est detenteur d'une ceinture noire (au moins
!).

Quant a Chow
Yun-fat, a l'image de toute cette generation doree revelee
fin des annees 80-debut des annees 90 par les Tsui
Hark, John Woo, et autres Wong Kar-wai (a l'exemple de Andy
Lau ou de Tony Leung Chiu-wai), il est desormais clair que ses
meilleures annees se situent a present derriere lui. Sa carriere
est cependant probablement loin d'etre terminee, le cinema hong-kongais
manquant actuellement cruellement de releve.

Sorti dans un nombre pourtant
impressionnant de salles aux Etats-Unis (l'equivalent de n'importe
quelle grosse production americaine), Bulletproof
Monk n'aura finalement recolte qu'a peine un peu
plus de 20 millions $. Une misere en somme, a l'image du film
lui-meme. Il est donc a present quasiment certain que les derniers
reves de gloire hollywoodienne de Chow
Yun-fat se sont envoles avec ce Bulletproof Monk.
Danguyen
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