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XU Feng ou
Hsu Feng - actrice - née
en 1950 à Taiwan
Dès que Xu Feng apparaît à l'écran,
le spectateur ne peut s'empêcher de garder les yeux fixés
sur elle, véritablement subjugué, intrigué,
fasciné par cette actrice hors normes.
D'une beauté aussi
froide que rarissime, Xu Feng fait incontestablement partie de
la plus haute catégorie des actrices, au même titre
que Gong Li. Et pourtant, son jeu est des plus sobres :
parlant peu, elle ne décroche quasiment jamais un sourire.
Sans en être pour autant moins grâcieuse, cela lui
confère bien au contraire une arrogance et une inaccessibilité qui
la rendent encore plus attirante et irrésistible.
Néanmoins,
si l'on devait résumer la carrière de Xu Feng, à peine
une demi-douzaine de films
(mais quels films !) retiennent
particulièrement l'attention. En fait, sans exagérer,
on peut dire que Xu Feng doit l'essentiel de sa carrière à un
seul réalisateur, celui dont elle est devenue l'actrice
fétiche : King
Hu. Ce dernier la fait débuter
dans une petit rôle d'adolescente (on la voit à peine)
dans Dragon Gate Inn (1967).
Contre
toutes attentes, plutôt que de faire appel à Cheng
Pei-pei ou à Polly Shangquan (les héroines épéistes
de ses deux précédents wu xia pian ),
King Hu confie le premier rôle de son prochain film, A
Touch of Zen (1972), à une Xu Feng encore
inexpérimentée. Le tournage dure quatre ans, une
durée exceptionnellement longue, surtout dans le cinéma
chinois. Le film permet de voir pour la première fois
Xu Feng manier l'épée a l'écran et révèle,
malgré son échec commercial, le visage de la belle
au public.
  
Le succès est néanmoins au rendez-vous
avec The Fate of Lee Khan (1974), toujours
sous la direction de King Hu, dans lequel elle prête la
nobilité de ses traits à la princesse mongole Lee
Wan-ehr.
Avec The Valiant Ones l'année
suivante, ces deux films, tous deux tournés pour la Golden
Harvest de Raymond Chow, marquent l'apogée des carrières
de King Hu et de Xu Feng, aussi bien artistiquement que commercialement.
Le tandem met un point final à sa collaboration avec les
réalisations successives de Raining in the
Mountain (1978) et de Legend of the
Mountain (1978). Le tournage des deux films se
déroule en Corée un an durant. Une fois encore,
qu'une actrice passe toute une année à tourner
seulement deux films provoque l'incompréhension de la
profession.
C'est que pour Xu Feng, l'essentiel n'est non pas
de ramasser un maximum d'argent en tournant le plus possible,
mais de figurer au générique de quelques productions
de qualité. Au final, ce choix se révèlera
payant, car grâce à King Hu, Xu Feng est aujourd'hui
une actrice dont on se souvient encore, et qui est d'autant plus
culte que ses films sont quasiment impossible à trouver
(n'oublions pas qu'elle n'a jamais tourné pour la alors
toute puissante Shaw Brothers, par conséquent ses films
ne sont pas concernés par la réédition actuelle
du catalogue Shaw). Film sans doute le plus subtil de King Hu, Raining
in the Mountain sera finalement un échec
commercial ; tout comme Legend of the Mountain,
qui marque en plus la première ouvre décevante
du maître.

Mais autant Xu Feng paraît
divine sous le regard de King Hu, autant elle redevient presque
humaine chez les autres réalisateurs.
Pis encore, certains films comme The Eight-escort (1979)
mettent en lumière sa maladresse en arts martiaux !
Plus généralement parlant, les films qu'elle a
tournés en dehors de King Hu font figure d'anecdotes.
On la voit ainsi aux côtés de Wang Yu dans The
invincible Sword (1971) et en compagnie de Jackie
Chan dans To kill with Intrigue (1977).
Autres faits marquants : elle est par deux fois récompensée
en tant que meilleure actrice lors du Golden Horse Festival de
Taiwan, pour The Stranger from Canton (1976)
et pour The Pionneers ( 1979).
Son mariage est synonyme en 1980 de la fin de sa carrière
d'actrice.
  
Mais véritablement éprise de cinéma, elle
y fait bientôt son retour, mais cette fois-ci en tant que
productrice. Femme d'affaires et femme de tête, elle fonde
sa propre compagnie de production, la Tomson Films, dont le premier
gros succès est Kung Fu Kids (1993).
Néanmoins, ses meilleures productions demeurent Farewell
my Concubine (1993) (Palme d'Or du Festival de
Cannes 1993) et Temptress Moon (1996),
tous deux de Chen Kaige et avec Gong Li.
Depuis quelques années,
la rumeur court qu'une nouvelle version de A Touch of Zen se
prépare,
avec Xu Feng à la production et Zhang
Ziyi dans le rôle
autrefois tenu par la première. De toutes évidences,
Xu Feng ne pouvait rêver meilleure héritière.
Danguyen




Filmographie
1967 Dragon Gate Inn,
de King Hu
1971 The invincible Sword, de Xu Xenghong
1972 A Touch of Zen (Les
Heroiques- RCV ), de King
Hu
1974 The Fate of Lee Khan, de King Hu
1975 The valiant Ones (Pirates
et Guerriers), de King Hu
1976 The Stranger from Canton
Assassin, de Larry Tu
1977 To kill with Intrigue (Le Vengeur- Delta ) , de
Lo Wei
1978 Raining in the Mountain, de King Hu
Legend of the Mountain,
de King Hu
1979 The Pionneers
The Eight-escort, de Pao Hsueh-li
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