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Realisateur/acteur
- né en 1943 à Shanghai : A la mort de Bruce
Lee, Raymond Chow tente de pallier la perte
de sa grande star en promouvant Wang Yu comme le nouveau Bruce
Lee.
Mais, il serait injuste
et inexact de ne voir en Wang Yu qu'un ersatz ou un usurpateur.
En effet, quelques annees avant le debut du regne du "petit dragon",
la star du cinema d'arts martiaux, c'etait Wang Yu. Mieux : il
fut la premiere star du genre.
Mais contrairement
aux autres stars qui lui succederont, Wang Yu a bati sa carriere
en incarnant des anti-heros. Peu sympathiques, ses personnages
ne refusent jamais la bagarre, et s'y adonnent avec une sauvagerie
et un sadisme hors du commun. Leur comportement lors des combats
n'est d'ailleurs pas toujours tres chevaleresque : l'issue du
combat ne doit pas necessairement tout a leurs qualites de combattant,
et ils n'hesitent
pas le cas echeant a utiliser la ruse ou a improviser des armes.
Ces personnages n'arrangent en rien l'image publique d'un Wang
Yu regulierement implique dans divers scandales (bagarres, beuveries.),
et dont les liens avec les triades hong-kongaises et taiwamaises
sont bien reels.
Le passage de Wang Yu a la mise en scene permet a ce dernier,
cinematographiquement parlant, d'aller plus loin encore dans le
culte de sa personnalite, et de laisser libre cours a ses extravagances
et a ses fantasmes.
Wang Yu accede a la gloire en interpretant un sabreur manchot
dans The One-armed Swordsman (1967),
de Chang
Cheh. Wang Yu l'ignore
sans doute a cet instant-la, mais le personnage du manchot sera
le denominateur commun des meilleurs films de sa carriere.
En attendant, sa collaboration avec Chang Cheh lui permet, durant
la seconde partie des annees 60, de devenir "la" superstar du
cinema hong-kongais. Il realise (et interprete) son premier film
en 1970 avec The Chinese Boxer (no.1
au box-office), film qui inaugure, peu avant Bruce Lee, le regne
du combat a mains nues. Dans
The Chinese Boxer, Wang Yu affronte ceux qui dorenavant
constitueront ses ennemis de predilection: les Japonais.
Mais alors qu'il se trouve au sommet de sa gloire, Wang Yu prend
la courageuse decision de quitter l'omnipotente Shaw Brothers,
pour s'en aller rejoindre la toute nouvelle Golden Harvest de
Raymond Chow, cette derniere lui offrant des conditions financieres
bien plus avantageuses.
Face a ce depart, la vengeance de la Shaw Brothers s'effectue
en deux temps. Tout d'abord, elle lance un soi-disant sosie (en
fait, la ressemblance se limite a la coupe de cheveux !) qu'elle
baptise du meme nom, Wong Yu (Wang Yu aussi, en fait). Mais loin
d'etre un acteur aussi race que son illustre homonyme et predecesseur,
ce dernier sera reduit pour l'essentiel de sa carriere a des roles
bouffons, servant de faire-valoir aux vraies stars du genre, telles
Ti Lung ou Liu Chia-hui. Puis, dans un second temps, la Shaw Brothers
commande a Chang
Cheh un nouveau volet des aventures du sabreur manchot,
avec David Chiang dans le role (The new One-armed Swordsman).
Mais pour l'heure, misant sur son statut de star incontestee,
Wang Yu (le
vrai !), qui doit desormais tourner a Taiwan (la Shaw Brothers
empechant le tournage de films Golden Harvest a Hong-Kong), compte
bien reiterer le succes qui etait le sien avant son depart de
la Shaw Brothers. Pour s'en assurer, il reprend sans vergogne
le personnage du manchot. Pour sa nouvelle aventure, le sabreur
manchot affronte l'autre grand handicape du cinema asiatique,
Zatoichi, le samourai aveugle. Afin de menager la susceptibilite
des publics chinois et japonais, deux versions sont realisees,
l'une chinoise (Zatoichi and the One-armed Swordsman-1971),
ou le heros japonais finit par mourir, et l'autre japonaise (The
blind Swordsman meets his Equal-1971), ou le sabreur chinois mord
la poussiere.
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Article de Danguyen
Jimmy Wang Yu - acteur Cinéma HK
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