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Gordon LIU Chia-hui ou LAU Ka-fai (LIU Jiahui)- acteur :

Si le realisateur Liu
Chia-liang est le roi incontesté du
kung-fu de Shaolin, alors Liu Chia-hui, son acteur fétiche,
en est le porte-parole.
  
Acteur principal dans des films relatant
les plus fameux épisodes de la légende de Shaolin,
Liu Chia-hui a interpreté des figures parmi les plus légendaires
du panthéon de Shaolin, tels le moine San Te ou l'inévitable
Huang Fei-hong. Ce qui signifie que durant la majeure partie
de sa carrière, les spectateurs l'ont connu avec un crâne
tout ou partie rasé ! D'apparence juvénile et innocente,
son visage exprime l'honnêteté et le sérieux.
Ainsi Liu Chia-hui a-t-il incarné le disciple de Shaolin
idéal selon Liu Chia-liang qui, tout en étant doté d'un
grand coeur, s'entraîne avec application, discipline, et
persévérance. En fait, Liu Chia-hui est le frère
adoptif de Liu Chia-liang. C'est alors que le premier s'entraîne
dans le club des Liu que la mère de Liu Chia-liang se
prend d'affection pour lui, ce qui tôt se traduit par une
adhésion au clan Liu.
  
En plus d'être l'acteur de
prédilection de Liu Chia-liang, Liu Chia-hui est sans
doute également son élève préféré.
Aussi la meilleure partie de la carrière de l'un correspond-elle
presqu'exactement à celle de l'autre. Pourtant, lorsque
Liu Chia-liang passe à la mise en scène avec The
spiritual Boxer (1975), ce n'est non pas à Liu
Chia-hui mais au fade Wong Yu (à ne pas confondre avec
le prestigieux Wang Yu, dont il est censé être le
sosie) que celui-ci fait appel. Par manque de confiance en son
frère ?
 
Reste que l'année suivante, Liu Chia-liang
reprend ses esprits : Liu Chia-hui, après quelques galops
d'essai chez Chang
Cheh, se voit confier le rôle de Huang
Fei-hong dans Challenge of the Masters,
où il a la difficile tâche de succéder à Kwan
Tak-hing, identifié au personnage depuis plus d'un
quart de siècle !
Mais là où Kwan Tak-hing,
la quarantaine largement depassée, jouait un Huang Fei-hong
déjà maître de son art, Liu Chia-hui interprète
un Huang Fei-hong jeune et débutant dont on suit l'apprentissage.
Dès lors, la carrière de Liu Chia-hui, comme celle
de Liu Chia-liang, est veritablement lancée.
Après
une courte apparition dans The Executioners from
Shaolin (1977) de Liu Chia-liang, il s'impose
définitivement grâce à The 36
th Chamber of Shaolin (1978) de. Liu Chia-liang
! Dedans, il y incarne le mythique San Te. Seul rescapé du
massacre de sa famille par l'occupant mandchou, San Te s'est
refugié au sein du Temple de Shaolin pour y apprendre
le kung-fu afin de venger sa famille. Ordonné moine, la
légende raconte qu'il a alors instauré la 36 eme
chambre de Shaolin qui servit à enseigner le kung-fu aux
laics chinois, et ce afin de permettre à ceux-ci de résister
aux Mandchous. Célèbre pour avoir été l'initiateur
de la diffusion des techniques de Shaolin au sein de la population
chinoise, San Te est également connu pour avoir mis au
point le fléau à trois branches, un fait relaté au
cours du film. The 36 th Chamber of Shaolin est
alors le seul film à présenter en details l'apprentissage
traditionnel des moines de Shaolin et le seul encore à ce
jour à traiter du personnage de San Te.

Bénéficiant
d'une extraordinaire réputation auprès des fans
du genre (surtout aux Etats-Unis, où l'on connaît
le film sous le titre de The Master Killer ), The
36 th Chamber of Shaolin a sans aucun doute largement
inspiré la trilogie Shaolin du
debut des années 80, produite par en Chine continentale
et mettant en vedette un Jet Li alors débutant. Après
une très brêve apparition (comme à l'accoutumée
en moine de Shaolin) dans Shaolin Mantis (1978),
Liu Chia-hui tient le rôle principal dans deux autres films
incontournables du genre, Shaolin challenges Ninja (1978)
et Dirty Ho (1979), encore et toujours
pour le compte de Liu Chia-liang. Les deux frères sont à ce
moment-là au sommet de leur carrière.

Mais, Liu
Chia-hui ne tourne pas exclusivement que pour Liu Chia-liang,
puisqu'on le voit aussi à cette époque chez Liu
Chia-yung (dans He has Nothing but Kung-fu (1977)
et dans Fists and Guts (1979)) qui
n'est autre que le frère (biologique cette fois, et pas
adoptif) de.Liu Chia-liang ! Mais, après avoir atteint
tant de sommets, la carrière de Liu Chia-hui, tout comme
celle de Liu Chia-liang, ne peut maintenant plus que décliner.
Le duo se contente désormais de recycler, avec moins d'inspiration
et de réussite, les idées qui ont fait leur gloire,
y rajoutant, sans grand succès, une petite dose d'humour.

Liu Chia-hui
interprète ainsi à nouveau Huang Fei-hong
(cette fois-ci, sans le fameux thème musical lié au
personnage) dans Martial Club (1981), à l'humour
pesant et au déroulement ennuyeux, mais dont le combat
final est absolument fabuleux.
En ce sens, Martial
Club est caracteristique du cinéma de Liu
Chia-liang après Dirty Ho , à savoir
un film médiocre sauvé par quelques bonnes scènes
de combat. The 8-Diagram Pole Fighter (1984),
qui marque la fin des studios de cinéma Shaw et qui voit
une nouvelle fois Liu Chia-hui en disciple du Temple de Shaolin,
n'échappe pas à cette règle.
La fin de la
Shaw Brothers signifie pour Liu Chia-hui la fin des premiers
rôles. Mais vieillissant mieux qu'un Ti
Lung ou qu'un David
Chiang (en fait, physiquement, il change relativement peu) et
bénéficiant toujours de la protection de Liu Chia-liang,
Liu Chia-hui va faire une seconde partie de carrière bien
meilleure que toutes les autres anciennes gloires de la Shaw
Brothers, interprétant le plus souvent, comme ses anciens
collègues, des méchants. C'est d'ailleurs apparemment
avec un certain plaisir que Liu Chia-hui va à l'encontre
de cette image polissée qu'il avait pour habitude de représenter,
que ce soit lorsqu'il interprète un tueur à la
chevelure ordinaire (on a l'impression qu'il porte une perruque!)
face à Chow Yun-fat dans Tiger
on the Beat (1988)
ou lorsqu'il affronte un Huang Fei-hong (c'est en quelque sorte
Huang Fei-hong contre Huang Fei-hong !) interpreté par Jet
Li dans The
last Hero from China (1993).
Ce faisant, il prouve non seulement l'étendue de son répertoire,
mais aussi qu'il n'est pas juste une invention de son génie
de frère Liu Chia-liang.
Plus récemment, Quentin
Tarantino (Pulp Fiction - 1995) a
fait appel à lui pour les besoins de son pseudo-hommage à la
Shaw Brothers, Kill Bill, vol.1 (2003),
dans lequel Liu Chia-hui se fait tailler en pièces par
cette gourde d'Uma Thurman. Les fans ont sans doute apprécié.
Danguyen
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Gordon LIU Chia-hui ou LAU Ka-fai - LIU Jiahui - acteur
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